Le langage secret des fleurs – Vanessa Diffenbaugh

Quatrième de couverture

 
Des azalées pour la passion, des roses rouges pour l’amour, du chèvrefeuille pour l’attachement…

Ballottée depuis toujours de familles d’accueil en foyers, Victoria Jones est une écorchée vive que la vie n’a pas épargnée. Incapable d’exprimer ses sentiments à travers les mots, l’orpheline a appris à maîtriser le langage secret des fleurs, qui traduit parfaitement ses émotions extrêmes. A dix-huit ans, elle se retrouve à la rue et se réfugie dans un parc de San Francisco, où elle se crée un véritable jardin secret à partir de boutures volées au gré de ses errances. Sa rencontre avec Renata, une fleuriste, lui fait prendre conscience de son formidable pouvoir : celui d’aider les autres à communiquer leurs sentiments les plus profonds à travers des bouquets savamment composés. Pour la première fois, Victoria se sent à sa place. Il ne lui reste plus qu’à s’ouvrir au monde. Et à régler quelques comptes avec son passé…

Mon avis

 
Un très beau roman qui m’a beaucoup touché.

L’enfance de Victoria est loin d’avoir été heureuse. Orpheline, elle n’a connu que des foyers inhospitaliers et des familles d’accueil peu aimantes voire maltraitantes. A sa majorité, la jeune femme est seule et sans abri, sans aucune ressource ni formation autre que ses nombreuses connaissances sur les fleurs, une passion dévorante qui l’a poussée à en apprendre le maximum sur le sujet. C’est grâce à ce savoir qu’elle va décrocher un petit boulot chez une fleuriste.

Le roman alterne entre deux époques et revient au fil des chapitres sur le passé de Victoria. Parmi les familles qui l’ont accueilli, une expérience a été particulièrement marquante et fondatrice pour elle, sa rencontre avec Elisabeth qui l’a initié au langage des fleurs. Par ce biais, le lecteur peut ainsi découvrir les nombreuses significations parfois contradictoires des fleurs que l’on offre, un concept certes un peu désuet mais personnellement, j’ai trouvé ça intéressant.

Mais la grande question que pose ce roman concerne l’amour. Comment se construire quand on en a été privé depuis sa plus tendre enfance ? Comment le ressentir et en donner aux autres quand on en a jamais reçu ? Au fil des pages, Victoria va apprendre à grandir, à trouver sa place mais surtout elle va apprendre à accepter l’amour que les autres lui portent, apprendre à s’en croire digne et simplement à s’aimer elle-même avant de pouvoir à son tour donner de l’amour aux autres.

Bref, c’est un roman très émouvant que j’ai vraiment beaucoup aimé et que je recommande sans hésiter.

4,5/5

Compte les étoiles – Loïs Lowry

Quatrième de couverture

 
1943. Pour Annemarie Johansen, la vie à Copenhague est un mélange compliqué de vie familiale, d’école, de rationnement alimentaire et d’occupation allemande. Le courage semble une vertu lointaine. Au moment où les Nazis commencent à organiser les déportations des Juifs du Danemark, les Johansen recueillent la meilleure amie d’Annemarie, Ellen Rosen, désormais présentée comme faisant partie de la famille. Ellen et Annemarie doivent réfléchir très vite lorsque les soldats perquisitionnent et demandent en pleine nuit pourquoi Ellen n’est pas blonde comme ses sœurs. A travers les yeux d’Annemarie nous voyons comment la résistance danoise réussit à faire traverser le bras de mer les séparant de la Suède à la quasi-totalité de la communauté juive, qui compte alors près de sept mille personnes.

Mon avis

 
Un petit roman vraiment très touchant qui évoque la résistance danoise lors de la seconde guerre mondiale à travers les yeux d’une petite fille qui va apprendre ce qu’est le courage pour sauver sa meilleure amie.

C’est un livre tout simple et en même temps très puissant. Voir la guerre et les injustices à travers les yeux d’un enfant en renforce le côté absurde et inhumain.

C’est également un témoignage historique du rôle joué par le peuple danois dans le sauvetage de milliers de juifs dont personnellement j’ignorais tout malgré le nombre de lectures que j’ai pu faire sur la seconde guerre mondiale.

Bref, j’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture qui, une fois n’est pas coutume, montre le meilleur de l’humanité et donne envie de croire en la bienveillance et en la solidarité.

4,5/5

Nos jours heureux – Ji-young Gong

Quatrième de couverture

 
Yujeong a le cœur en miettes lorsque sa tante Monica, qui est religieuse, l’emmène à la Maison d’arrêt de Séoul visiter un condamné à mort. Rien ne semble pouvoir rapprocher une jeune désespérée de bonne famille d’un triple meurtrier, et pourtant… Au fil de leurs rencontres, ils vont se raconter avec sincérité leurs «vraies histoires», affronter les ténèbres et découvrir les lumières éblouissantes au sein de ces ténèbres, réparer leurs âmes meurtries. Ce roman bouleversant nous parle de la force de l’amour, de pardon et de rédemption. Son auteur, Gong Ji-young, est une romancière infiniment respectée en Corée pour les combats qu’elle mène pour un monde plus juste. Dans ce pays où la peine de mort n’a pas été abolie, Nos jours heureux a provoqué d’âpres débats, et ne quitte pas la liste des best-sellers.

Mon avis

 
Un roman qui a été parfois un peu difficile à lire tant le sujet prend aux tripes mais que je suis contente d’avoir lu pour l’humanité qui s’en dégage.

J’ai aimé la rencontre improbable entre une jeune femme qui veut mourir (elle en est à sa troisième tentative de suicide) et un condamné à mort qui s’est résigné à son sort qu’il pense mérité. Dis comme ça, ça parait très plombant et en effet, ça l’est, surtout au début. Il y est question de viol, de meurtre et d’une violence psychologique et physique difficilement supportable. Les extraits du cahier bleu de Yunsu notamment font vraiment froid dans le dos. Quand au récit de la vie de Yujeong, là aussi il est difficile de voir à quel point la jeune fille est méprisée, ignorée et dénigrée par sa mère en toutes circonstances.

Heureusement, il n’y a pas que de la noirceur dans ce roman. Grâce au personnage de Monica, la tante de Yujeong, une religieuse qui consacre sa vie à visiter les condamnés à mort, une lumière chaleureuse et bienveillante perce l’obscurité, non seulement pour les prisonniers mais aussi pour Yujeong qui trouve auprès elle l’affection qu’elle n’a jamais reçu de sa mère. Ainsi, Soeur Monica lui propose plutot que l’hopital psychiatrique, de la suivre dans ces visites à la prison. C’est ainsi que Yujeong fait la connaissances de Yunsu avec lequel elle va construire petit à petit une relation qui va l’amener à changer de regard sur sa vie et sur le monde en général.

Au delà de l’histoire des personnages, ce roman est bien entendu l’occasion de faire réfléchir sur la peine de mort et sur les conditions de détention des condamnés ainsi que sur la société coréenne en général et là aussi, il remplit parfaitement son rôle et ne peut laisser personne indifférent. Mon seul petit bémol sera pour le côté religieux un peu trop mis en avant à mon goût.

Mais au final, si ce livre est parfois dérangeant, je vous recommande chaudement sa lecture car c’est avant tout une belle histoire sur les ravages que peut causer le manque d’amour et sur la force du pardon.

4,5/5

Les déracinés tome II : L’américaine – Catherine Bardon

Quatrième de couverture

 
Septembre 1961. Depuis le pont du bateau sur lequel elle a embarqué, Ruth tourne le dos à son île natale, la République dominicaine. En ligne de mire : New York. Elle en est sûre, bientôt elle sera journaliste comme l’était son père, Wilhelm. Très vite, elle devient une véritable New-Yorkaise et vit au rythme du rock, de l’amitié, des amours et des bouleversements du temps : l’assassinat de Kennedy, la marche pour les droits civiques, les frémissements de la contre-culture…
Mais Ruth se cherche. Qui est-elle vraiment ? Dominicaine, née de parents juifs autrichiens ? Américaine d’adoption ? Dans cette période de doute, elle est entourée par trois femmes fortes et inspirantes : sa mère Almah en République dominicaine, sa tante Myriam à New York et sa marraine Svenja en Israël symbolisent son déchirement entre ses racines multiples.

Mon avis

 
Ayant eu un coup de cœur pour le premier volume Les déracinés, je me réjouissais de lire ce deuxième tome consacré à Ruth, la fille d’Almah et Wilhelm. Et en même temps, j’avais un peu d’appréhension car je craignais d’être déçue. Verdict ? Même si ce n’est pas le coup de cœur du premier, j’ai beaucoup aimé ma lecture.

J’ai trouvé le personnage de Ruth vraiment attachant et son histoire très émouvante. Alors, certes, elle ne traverse pas des évènements aussi dramatiques que ses parents mais sa vie n’est pas pour autant un long fleuve tranquille car Ruth a du mal à savoir qui elle est vraiment, à trouver sa place et à grandir dans l’ombre de ses parents exceptionnels.
Ayant vécu une enfance idyllique dans un petit paradis coupé du monde et de ses dures réalités, rien ne l’a préparé à vivre dans une ville immense où elle n’est qu’une goutte d’eau dans une marée humaine. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de sa tante Myriam, un personnage que j’ai aimé mieux découvrir dans ce tome.

J’ai beaucoup aimé également les descriptions de la vie new-yorkaise à cette époque. Même si le fond historique est un peu moins présent que dans le premier tome, il est bel et bien là et j’apprécie toujours de découvrir la grande histoire à travers la petite. J’ai donc pu en apprendre davantage sur l’histoire de la République Dominicaine à l’ère post-Trujillo où les années de dictature sont malheureusement loin d’être terminées.

Bref, j’ai aimé suivre Ruth dans ses jeunes années d’adulte, la voir se questionner, douter puis enfin prendre son envol et se construire une vie bien à elle. Je me réjouis maintenant de la retrouver ainsi que les autres membres de la famille dans le troisième volume.

4.5/5

Un parfum d’herbe coupée – Nicolas Delesalle

Quatrième de couverture

 
Le jour où mon père a débarqué avec son sourire conquérant et la GTS, j’ai fait la gueule. Mais j’ai ravalé ma grimace comme on cache à ses parents l’odeur de sa première clope. J’ai dit « ouais », j’ai dit « super », la mort dans l’âme, même si j’avais compris que la GTS pour la GTX, c’était déjà le sixième grand renoncement, après la petite souris, les cloches de Pâques, le père Noël, Mathilde, la plus jolie fille de la maternelle, et ma carrière de footballeur professionnel.

Mon avis

 
Un roman plutôt plaisant à lire, plein de nostalgie et porté par une plume fluide.

Les souvenirs d’enfance de Kolia sont tantôt drôles, tantôt émouvants. Ce sont des fragments de vie, des moments dont le narrateur se souvient avec tendresse et qu’il a envie de partager avec sa future arrière petite-fille qui bien sûr n’est pas encore née.

C’est touchant, malheureusement, j’ai trouvé le récit trop décousu à mon goût, ce qui fait que je n’ai pas totalement accroché à ma lecture. Ca ressemble plus à un recueil de nouvelles rassemblant les mêmes personnages et il se trouve que je ne suis pas très fan de nouvelles.

Heureusement, le roman est court, ce qui en temps normal m’aurait laissé sur ma faim mais ici, je trouve que c’est la juste longueur.

Au final, si j’ai passé un moment plutôt agréable, je ne garderais pas non plus un souvenir impérissable de ce petit livre qui sera aussi vite oublié qu’il a été vite lu.

3,5/5

L’assassin royal tome VII : Le prophète blanc – Robin Hobb

Quatrième de couverture

 
Fitzchevalerie a scrupuleusement rempli son rôle d’assassin royal. Il a fidèlement servi le souverain subtil, puis vérité et sa reine, Kettricken. Mais, en accomplissant son devoir, il a perdu sa femme et sa fille. Désormais Fitz ne désire plus que le repos et l’oubli : il s’est retiré loin de la cour pour vivre une existence simple et paisible avec son loup Œil-de-nuit et le jeune Heur, un orphelin qu’il a recueilli. Or voici que ses anciens amis viennent le voir : Astérie la ménestrelle, Ombre son maître assassin et le mystérieux fou. Tous veulent le convaincre de revenir à la capitale car de nouveaux dangers menacent une paix récente et fragile…

Mon avis

 
Une quinzaine d’années se sont écoulées depuis la fin de la guerre contre les pirates rouges. Fitz vit désormais en ermité sous le nom de Tom Blaireau en compagnie d’Œil-de-nuit et d’Heur, un orphelin dont Astérie lui a confié la garde. Une vie simple et paisible qui le satisfait pleinement après les aventures du premier cycle.
Mais bien sûr, cette vie simple et tranquille est sur le point de prendre fin puisqu’à Castelcerf, ses anciens amis ont besoin de son aide et vont tenter de le persuader de revenir.

Je l’ai dit plusieurs fois, j’aime beaucoup cette série, ces personnages et cet univers mais le souci que j’ai avec cette histoire ce sont les longueurs qui sont trop présentes à mon goût. Malheureusement, ce tome ci ne déroge pas à la règle. Le fond est intéressant mais à trop étirer la sauce elle en devient fade.
Ainsi, j’ai eu plaisir à retrouver Fitz, Astérie, Umbre et le fou et à savoir ce qu’il leur était arrivé durant toutes ces années mais c’est tellement long pour au final pas grand chose. Le livre s’arrête au moment même où il va y avoir de l’action et on en ressort en ayant l’impression d’avoir lu une très longue introduction. Bref, on reste clairement sur notre faim.

C’est vraiment dommage car ceci mis à part la série a tous les ingrédients pour être passionnante et malgré ces longueurs, j’ai tout de même envie de connaitre la suite des aventures de Fitz mais je dois tout de même préciser que si je ne lisais pas en audio, je pense que j’aurais déjà déclarer forfait. Et même en audio, je ne suis pas sure d’arriver jusqu’au 13ème volume. Mais pour le 8ème, je ne baisse pas encore les bras, je m’accroche encore 😀

3,5/5

L’assassin royal tome I : L’apprenti assassin
L’assassin royal tome II : L’assassin du Roi
L’assassin royal tome III : La nef du crépuscule
L’assassin royal tome IV : Le poison de la vengeance
L’assassin royal tome V : La voie magique
L’assassin royal tome VI : La reine solitaire

Les filles de l’ouragan – Joyce Maynard

Quatrième de couverture

 
Elles sont nées le même jour, dans le même hôpital, dans des familles on ne peut plus différentes. Ruth est une artiste, une romantique, avec une vie imaginative riche et passionnée. Dana est une scientifique, une réaliste, qui ne croit que ce qu’elle voit, entend ou touche. Et pourtant ces deux femmes si dissemblables se battent de la même manière pour exister dans un monde auquel elles ne se sentent pas vraiment appartenir. Situé dans le New Hampshire rural et raconté alternativement par Ruth et Dana, ce récit suit les itinéraires personnels de deux  » sœurs de naissance « , des années 1950 à aujourd’hui. Avec la virtuosité qu’on lui connaît, Joyce Maynard raconte les voies étranges où s’entrecroisent les vies de ces deux femmes, de l’enfance et l’adolescence à l’âge adulte – les premières amours, la découverte du sexe, le mariage et la maternité, la mort des parents, le divorce, la perte d’un foyer et celle d’un être aimé – et jusqu’au moment inéluctable où un secret longtemps enfoui se révèle et bouleverse leur existence.

Mon avis

 
C’est le deuxième livre de Joyce Maynard que je lis et si j’ai moins aimé que Long week-end, j’ai tout de même beaucoup apprécié ma lecture.

Le récit alterne entre l’histoire de Ruth et celle de Dana, deux fillettes nées le même jour dans le même hôpital. L’une appartient à une famille de fermiers qui ont les pieds bien ancrés sur terre, l’autre a une famille d’excentriques qui ont la tête dans les nuages. A part leur jour et lieu de naissance, les deux fillettes n’ont a priori rien en commun et vont d’ailleurs suivre des trajectoires différentes.

J’ai beaucoup aimé suivre l’évolution des fillettes, adolescentes puis jeunes femmes. Malgré un entourage familial peu favorable à leur épanouissement, les deux jeunes femmes vont se construire une vie bien à elles. De plus, le roman est bien ancré dans son époque et permet de découvrir l’Amérique rurale au temps de l’assassinat de Kennedy, de la guerre du Viêtnam, etc…

Il n’est pas très difficile de deviner le secret dont parle la quatrième de couverture, l’autrice délivrant des indices assez parlants tout au long du roman mais la lecture n’en reste pas moins intéressante car les deux femmes sont vraiment attachantes et tout aussi touchantes l’une que l’autre dans leur quête d’identité.

Bref, c’est une belle histoire que je suis ravie d’avoir lu. Nul doute que je relirai à nouveau cette autrice à l’avenir.

4/5

Delirium tome I – Lauren Oliver

Quatrième de couverture

 
Lena vit dans un monde où l’amour est considéré comme la pire des maladies. Un monde où tous les jeunes subissent à leur majorité une opération du cerveau pour être immunisés. À quelques mois de ses dix-huit ans, Lena aspire presque à subir à son tour le Protocole car depuis toujours amour rime pour elle avec souffrance et danger. Jusqu’à ce qu’une rencontre inattendue fasse tout basculer. Avant, tout était simple, tout était organisé. Mais est-ce vraiment vivre que de laisser la société tout prévoir pour vous ? Vos amis, vos amours et votre avenir ? Imaginez qu’on vous prive de tout sentiment. Que la liberté ne soit plus qu’un vieux souvenir dénué de sens. Jusqu’où iriez-vous pour garder le droit d’aimer ? Plongez dans l’inoubliable trilogie DELIRIUM.

Mon avis

 
Un premier tome d’une série dystopique young adult qui s’annonce prometteuse.

J’ai bien aimé l’idée de ce monde futuriste où les émotions sont jugées comme nocives et où l’amour est une maladie contagieuse dont il faut se prémunir à tout prix. Pour ne plus éprouver de souffrance, dès l’âge de 18 ans, tout le monde subit le protocole, une opération qui les empêchera de tomber amoureux et leur garantira une vie sereine. Bien sur, vous l’imaginez bien, malgré la propagande du gouvernement et les répressions, tout le monde n’est pas ravi à l’idée de se faire enlever une partie du cerveau et des groupes de résistance s’organisent.

Lena, l’héroïne de cette histoire est au début du roman totalement acquise au protocole. En effet, sa mère, malgré trois opérations, n’a jamais été immunisée et a fini par se suicider quand Lena avait 6 ans. Lena a souffert toute sa vie de la mise au ban de sa famille et n’aspire qu’à rentrer dans le rang. J’ai trouvé vraiment intéressant de se placer du point de vue d’une personne endoctrinée depuis la naissance pour qui il semble tout à fait normal de vivre une vie sans émotions fortes dans laquelle on ne peut même pas choisir la personne avec laquelle on va se marier. Bien sûr, vous imaginez bien que tout ne va pas se passer comme prévu pour Léna et qu’une rencontre fortuite va remettre en cause toutes ses certitudes.

Ce premier tome plante bien le décor de cet univers dystopique tout en comportant également pas mal d’actions et une fin qui vous donne envie de vous précipiter sur la suite, bref, dans son genre, c’est un bon roman avec une intrigue intéressante et des personnages attachants, notamment Lena, qui est bien loin des clichés de l’héroïne badasse mais qui au contraire n’est qu’une adolescence ordinaire qui se rend compte petit à petit qu’on lui a menti toute sa vie et que ceux qui prétendent vouloir son bien sont en fait des gens sans pitié.

Il va sans dire que je suis impatiente de lire la suite et de découvrir plus en profondeur l’univers de l’autrice et la suite des aventures de Lena.

4/5

Les cinq règles du mensonge – Ruth Ware

Et voici enfin ma dernière chronique pour le Cold Winter Challenge. Malheureusement, ce ne sera pas suffisant pour boucler le menu Hiver Sombre qui restera donc inachevé. J’ai manqué de temps pour lire les deux derniers livres prévus mais je suis tout de même ravie de ma participation 🙂

Quatrième de couverture

 
RÈGLE NUMÉRO UN : Dis un mensonge
RÈGLE NUMÉRO DEUX : Ne change pas ta version
RÈGLE NUMÉRO TROIS : Ne te fais pas prendre
RÈGLE NUMÉRO QUATRE : Ne pas se mentir les unes aux autres
RÈGLE NUMÉRO CINQ : Savoir quand cesser de mentir
Quand quelqu’un meurt, ce n’est plus un jeu…

Mon avis

 
Je ne suis pas une grande fan de thriller mais une fois de temps en temps je me laisse tenter. Et globalement, je n’ai pas regretté d’avoir découvert celui-ci que j’ai trouvé vraiment plaisant à lire.

Nous suivons quatre trentenaires qui se sont rencontrées dans un pensionnat à l’époque du lycée et sont devenues inséparables. Pour tromper l’ennui, les quatre adolescentes avaient l’habitude de raconter des mensonges, un petit jeu innocent en apparence qui ne porte pas à conséquence. Mais tous les mensonges ne sont pas sans conséquence et un évènement tragique va pousser les quatre amies à bâtir un mensonge bien moins anodin. Une quinzaine d’années plus tard, alors que toutes se sont construits à une vie et ne se voient qu’à de très rares occasions, le passé qu’elles pensaient enfoui refait surface, obligeant les quatre femmes à se réunir et à revenir sur des évènements qu’elles auraient préféré oublié.

J’ai beaucoup aimé l’histoire d’amitié entre les quatre jeunes femmes, une amitié très forte qui s’est construite autour du mensonge, bien qu’elles se soient promis de ne jamais se mentir les unes les autres. J’ai aimé la solidarité dont elles font preuve : lorsque l’une d’elles appelle à l’aide, toutes répondent présentes à l’instant en laissant tout tomber.

J’ai apprécié également la construction du récit qui maintient bien le suspense sur ce qui s’est passé entre les quatre amies, même si, je l’avoue, on voit un peu le dénouement venir avant la fin. Ce qui ne m’a pas du tout empêché d’apprécier ma lecture car les personnages, défaut d’être toujours sympathiques, sont vraiment intéressants à suivre, notamment le personnage d’Isa la narratrice de l’histoire, une jeune mère désemparée qui s’enferme dans le mensonge et la culpabilité. L’ambiance du roman est également très prenante et tout en contraste : l’atmosphère bohème et libre du moulin s’oppose à la rigidité du pensionnat tout comme l’insouciance des adolescentes s’oppose à l’angoisse des femmes devenus adultes.

Bref, ce thriller est tout à fait conforme à mes gouts en la matière, rien de glauque mais une psychologie des personnages finement décrite et une intrigue prenante. Un très bon moment de lecture que je recommande si vous appréciez vous aussi les thrillers psychologiques.

4/5

Malamute – Jean-Paul Didierlaurent

Je suis très en retard dans mes chroniques pour le Cold Winter Challenge qui s’est achevé le 28 février et d’ailleurs je n’ai pas non plus réussi à lire tout ce que j’avais prévu mais voici tout de même ma dernière lecture pour le menu Marcher dans la neige catégorie Forêts enneigées.

Quatrième de couverture

 
Le vieux Germain vit seul dans une ferme au cœur des Vosges. Sa fille lui impose de passer l’hiver avec Basile, lointain neveu qui vient faire sa saison de conducteur d’engin de damage dans la station voisine.
Une jeune femme froide et distante qui conduit les engins des neiges mieux que tous ses collègues masculins, habite la ferme voisine, où ses parents élevaient une meute de chiens de traîneaux quarante ans auparavant.
Mais bientôt, le village est isolé par une terrible tempête de neige qui, de jours en semaines puis en mois, semble ne pas vouloir s’achever. Alors l’ombre des Malamutes ressurgit dans la petite communauté coupée du monde.

Mon avis

 
J’avais beaucoup aimé le premier livre de cet auteur que j’ai lu : Le liseur du 6h27. J’ai retrouvé dans celui-ci la même émotion, la même écriture à la fois tendre et dure.

La construction du livre est bien maitrisée et alterne entre présent et passé avec des extraits du journal de Pavlina, la mère d’Emmanuelle à l’époque où elle vivait au village. On se pose beaucoup de questions au début et petit à petit, pièce après pièce, le puzzle du passé se reconstitue et la vérité éclate.

Les personnages sont attachants, que ce soit Germain, l’octogénaire solitaire passionné par les arbres, Basile le conducteur de dameuses marqué à vie par un accident tragique et Emmanuelle, fille mal aimée d’un couple d’immigrés. Par le hasard des circonstances, ces trois personnages vont se rencontrer et même finir par vivre ensemble, trouvant auprès des autres un certain réconfort.

Tout ça dans le cadre d’un petit village vosgien isolé qui ne doit son animation qu’ à la station de ski voisine. Mais quand la neige ne tombe pas, l’inquiétude s’installe et une procession est lancée pour demander une intervention divine. La prière sera entendue mais ironiquement, c’est la pire tempête de neige qui sévit.

Bref, c’est un très beau roman, avec des personnages touchants et une intrigue prenante. Nul doute que je relirai cet auteur prochainement.

4.5/5